Ce livre contient deux histoires racontées en parallèle. La première est celle du projet de vouloir enchainer quatre sommets de plus de 8000m: Gasherbrum 1 (G1), G2, Broad Peak et K2. La deuxième histoire est celle de sa vie, de son adolescence, de sa carrière professionnelle et de sa famille.
Avec ses amis, ils grimpent les sommets de manière Alpine, c'est a dire sans cordes fixes, sans oxygène et sans porteurs, donc de manière assez légère pour aller vite. Toute l'histoire autour des ces ascensions est fascinante: comment est-ce qu'ils s'organisent, qu'est-ce qui se passe aux camps, comment ils s'acclimatent, etc. Mais ce qui m'a surpris c'est l'indépendance de chacun. Je pensais que des ascensions risquées comme celles-là nécessiterait la solidité et la sureté d'un groupe. Or ils se retrouvent assez régulièrement seuls au sommet. L'un a déjà fait le sommet et commence a redescendre pendant que l'autre finit la montée (encore pour quelques heures). De la même manière, ils ne s'encordent pas pour éviter que la chute de l'un emporte les autres. Cette zone de la mort a plus de 7500m d'altitude semble aussi effroyable lorsqu'elle est racontée par Mike Horn: ils peuvent devenir proie a des hallucinations, ils perdent la notion du temps, la lenteur et l'effort sont extrêmes.
Ils réussissent a faire G1, G2 et Broad Peak, mais le K2 lui résistera malgré plusieurs tentatives échelonnées sur plusieurs années.
Le récit est aussi jonche de cadavres. Les gens meurent et s'ils ne sont pas emportes par une avalanche, ils restent sur place. Pendant qu'ils sont au camps de base, ils apprennent les erreurs et les morts de leur semblables. C'est aussi une place ou tout s'abandonne. Les tentes sont posées aux camps avances et se font déchiqueter par le vent. Le matériel reste sur place.
Ce qu'ils endurent est effrayant mais aussi saisissant et captivant!
L'autre histoire du livre est celle de la vie de Mike Horn. Son père le laissait aller comme bon lui semblait a la seule condition de rentrer avant 18h. Il était hyperactif et cette règle lui allait bien. Il explique son passage dans l'armée, son premier boulot en tant que trader dans l'import-export puis comment il quitte tout pour partir decouvrir le monde et arrive (au gré du hasard) à Chateaux-d'Oex. Il déroule l'histoire de sa rencontre avec sa future femme Cathy, ses premiers boulot, ses premiers exploits, ses premiers sponsors, etc. J'ai trouve cette partie aussi, voir plus, intéressante que le récit de ses ascensions. Mike Horn donne l'impression d'être un surhomme, capable de surmonter des défis incroyables. Cette partie du livre révèle la naissance et le parcours d'un tel personnage.
Dans ce livre, il met en avant la motivation et la volonté. A 8000m d'altitude, quand il perds son énergie et frôle les hallucinations, c'est la volonté de redescendre pour retrouver sa famille qui le pousse a repartir. Et c'est bien sûr sa volonté de vouloir tout explorer qui le pousse a ses exploits. Son père lui disait: il faut garder les pieds sur terre pour pouvoir toucher les étoiles. C'est ce moto qui réconcilie sa vie familiale et ses exploits professionnels.